
Respiration et états modifiés de conscience : ce que le souffle change dans notre cerveau
Depuis cette rentrée de septembre 2026, je propose un atelier collectif de pratique de l’hypnose, de la transe cognitive, de la relaxation et de la relaxation. J’y mélange allègrement des choses qui viennent de pratiques assez diverses : breathwork, cohérence cardiaque, auto-hypnose, transe cognitive auto-induite – qui nous vient plutôt du chamanisme. Certains participants m’ont d’ailleurs fait remarquer qu’ils ne comprenaient pas bien ce mélange, ce qui peut paraître confus au premier abord.
Cet article est né de cette question : quels liens est-ce que je fais, moi, entre ces différentes approches ? Pourquoi est-ce que ça me semble intéressant de les croiser, de les métisser ? La réponse n’est pas dogmatique : elle passe par la physiologie. Parce que toutes ces pratiques, aussi éloignées semblent-elles, partagent un point commun fondamental : elles agissent sur la respiration, et à travers elle, sur l’activité cérébrale, le système nerveux autonome et la conscience.
C’est pour cela que j’ai voulu écrire cet article un peu détaillé. Pour poser les bases scientifiques de ce qui, dans l’atelier, relève de l’intuition et de l’expérience.
Tout commence par comprendre un peu plus en détails la respiration
Respirer ne sert pas seulement à faire entrer de l’oxygène et à éliminer du dioxyde de carbone. À chaque inspiration, le rythme cardiaque se modifie. La pression artérielle oscille. Des signaux remontent vers le tronc cérébral et le cortex. Certaines activités neuronales se synchronisent sur le rythme respiratoire.
Et lorsque nous modifions volontairement notre respiration, nous agissons sur une partie de ces mécanismes.
C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles le souffle occupe une place aussi importante dans des pratiques pourtant très différentes : méditation, yoga, cohérence cardiaque, chant, auto-hypnose, transe ou breathwork.
Mais il faut immédiatement apporter une nuance : toutes les respirations ne produisent pas le même état.
Une respiration lente autour de six cycles par minute tend à amplifier la variabilité cardiaque et le baroréflexe. Une respiration volontairement rapide et profonde peut au contraire provoquer une activation sympathique, faire chuter le CO₂ et diminuer le débit sanguin cérébral. Pourtant, les deux peuvent modifier notre expérience consciente.
Cette apparente contradiction est particulièrement intéressante.
La respiration : automatique, mais volontaire
Nous respirons plusieurs milliers de fois par jour sans avoir à y penser. Le rythme respiratoire est produit en grande partie dans le tronc cérébral, notamment par un ensemble de neurones appelé complexe pré-Bötzinger.
Mais contrairement aux battements du cœur, nous pouvons prendre volontairement le contrôle de la respiration : retenir notre souffle, accélérer, ralentir, inspirer plus profondément ou prolonger une expiration.
La respiration se trouve donc à une interface assez singulière entre des mécanismes automatiques et le contrôle volontaire.
Des travaux réalisés chez la souris ont même identifié dans le complexe pré-Bötzinger des neurones projetant vers le locus coeruleus, une structure cérébrale impliquée dans l’éveil, l’attention et l’activation physiologique. La suppression expérimentale de ces neurones modifiait l’état d’éveil des animaux sans supprimer leur respiration. Il faut évidemment rester prudent lorsque l’on transpose des résultats animaux à l’être humain, mais ils montrent que les circuits respiratoires ne sont pas isolés des circuits qui règlent notre niveau d’activation [1].
Autrement dit, notre état émotionnel modifie notre respiration, mais la relation fonctionne aussi dans l’autre sens.
Le cerveau respire, lui aussi, en quelque sorte
On a longtemps envisagé la respiration principalement sous son angle pulmonaire et cardiovasculaire. Les recherches en neurosciences montrent désormais que le rythme respiratoire est également associé à des oscillations de l’activité neuronale dans de nombreuses régions cérébrales.
Une étude devenue classique, publiée en 2016 par Christina Zelano et ses collègues, a montré chez l’être humain que la respiration nasale synchronise certaines oscillations neuronales dans le cortex piriforme, l’amygdale et l’hippocampe. Elle influençait également certaines performances de reconnaissance émotionnelle et de mémoire. Une partie de ces effets diminuait lorsque les participants respiraient par la bouche [2].
Depuis, plusieurs revues scientifiques ont recensé des résultats comparables : la respiration module l’activité de réseaux impliqués dans l’émotion, la cognition, la mémoire et l’attention, avec des effets qui varient selon que l’on respire spontanément, lentement ou en hyperventilation [3].
La respiration constitue donc un rythme corporel susceptible d’organiser temporairement une partie de l’activité cérébrale.
Cela ne signifie pas que le cerveau entier se met à « vibrer à la fréquence de la respiration ». Le phénomène est beaucoup plus local et complexe. Mais il devient difficile de considérer le souffle comme une simple pompe à oxygène.
Pourquoi le cœur accélère quand nous inspirons
Il existe un autre mécanisme dont j’ai déjà parlé dans mon article sur la cohérence cardiaque : l’arythmie sinusale respiratoire.
Chez une personne en bonne santé, le cœur ne bat pas à intervalles parfaitement réguliers.
Pendant l’inspiration, la fréquence cardiaque tend à augmenter. Pendant l’expiration, elle diminue. Cette oscillation participe à ce que l’on mesure sous le nom de variabilité de la fréquence cardiaque, ou VFC — HRV en anglais.
Lorsque la respiration ralentit vers environ 0,1 Hz, soit autour de six respirations par minute, les oscillations respiratoires, cardiaques et tensionnelles peuvent entrer dans une forme de résonance. L’amplitude des variations de fréquence cardiaque augmente et la sensibilité du baroréflexe est généralement renforcée. La fréquence exacte de résonance varie toutefois d’une personne à l’autre [4].
C’est un point parfois mal compris : la « cohérence » cardiaque ne signifie pas que le cœur devient plus régulier.
C’est presque l’inverse.
Les intervalles entre les battements oscillent davantage, mais ils le font d’une manière plus organisée et plus étroitement couplée avec la respiration et les variations de pression artérielle.
Du cœur vers le cerveau : le rôle du baroréflexe
Le baroréflexe constitue une boucle de régulation.
Des récepteurs sensibles aux variations de pression artérielle transmettent continuellement des informations vers le cerveau. Ces signaux passent notamment par le noyau du tractus solitaire, dans le tronc cérébral, puis interagissent avec des structures impliquées dans la régulation autonome et l’interoception, dont l’insula.
L’information ne circule donc pas uniquement du cerveau vers le cœur. Une quantité considérable d’informations remonte du corps vers le cerveau.
Une étude menée auprès de 67 participants a montré qu’une respiration à la fréquence de résonance augmentait la VFC à 0,1 Hz et la sensibilité du baroréflexe, et que ces modifications étaient associées à une meilleure perception des battements cardiaques [5].
En février 2026, une autre étude utilisant l’imagerie fonctionnelle a rapporté une augmentation de la connectivité au sein du réseau autonome central pendant une respiration guidée à 0,1 Hz [6].
C’est ici que la question de la conscience devient particulièrement intéressante.
Car percevoir ce qui se passe dans notre propre corps — respiration, battements cardiaques, tension musculaire, température, sensations viscérales — constitue ce que l’on appelle l’interoception.
Et modifier l’interoception, c’est déjà modifier une partie de notre expérience consciente.
De la respiration lente à l’absorption
Imaginez maintenant une personne qui ferme les yeux.
Sa respiration ralentit. Son attention quitte progressivement les sollicitations extérieures et se porte sur les mouvements du ventre, les sensations de l’air dans les narines, les battements du cœur ou une image intérieure.
Les informations extérieures n’ont pas disparu. Mais elles deviennent moins centrales.
Cette configuration ressemble à ce que l’on rencontre dans certaines méditations, dans l’auto-hypnose ou dans différentes techniques de relaxation : l’attention devient plus sélective et l’expérience intérieure occupe davantage le champ de conscience.
Cela ne veut pas dire que respirer six fois par minute « provoque une hypnose ».
L’hypnose implique également des mécanismes d’attention, d’absorption, d’imagination, d’attente et de suggestion. Comme je l’expliquais dans mon article consacré à la transe hypnotique, celle-ci ne se réduit pas non plus à un simple état de relaxation.
Mais la respiration peut créer un terrain physiologique et attentionnel favorable à certaines formes d’absorption.
Une revue portant sur 49 études et 1 315 participants retrouve d’ailleurs assez fréquemment pendant l’hypnose une diminution des réponses sympathiques ou une augmentation de certains indices parasympathiques. Les auteurs soulignent cependant l’hétérogénéité des protocoles et la petite taille de nombreuses études [7].
Une étude plus récente portant sur 52 personnes expérimentées en hypnose a également observé un ralentissement significatif de la respiration pendant deux états hypnotiques, plus marqué dans l’état décrit comme le plus profond. Là encore, une association n’établit pas que le ralentissement respiratoire soit la cause de la profondeur hypnotique [8].
Un état modifié de conscience n’est pourtant pas forcément un état calme
C’est probablement l’un des points les plus intéressants des recherches actuelles.
Nous associons facilement transe, méditation et hypnose à la détente et au système parasympathique.
Or ce n’est pas toujours le cas.
La transe cognitive auto-induite, par exemple, peut comporter une conscience réduite de l’environnement extérieur, une forte absorption, une modification du sentiment de soi et du temps… tout en étant associée à une augmentation de la fréquence cardiaque et à une diminution de certains marqueurs de modulation parasympathique.
Dans une étude menée auprès de 25 personnes entraînées à cette pratique, la fréquence cardiaque moyenne augmentait pendant la transe tandis que l’amplitude et la variabilité respiratoires se modifiaient [9].
Une étude publiée en 2025 auprès de 27 participants confirme que l’état de transe cognitive auto-induite peut être distingué de l’état de repos à partir de modifications conjointes de l’expérience subjective et de la VFC [10].
Il n’existe donc probablement pas une signature autonome unique de l’état modifié de conscience.
On peut modifier sa conscience en diminuant son niveau d’activation.
Mais on peut également le faire en l’augmentant fortement.
Et c’est précisément ce que montrent les recherches récentes sur certaines formes de breathwork.
Hyperventiler volontairement : une autre voie vers un état modifié
Certaines techniques de respiration utilisent une respiration continue, profonde et rapide pendant plusieurs dizaines de minutes, parfois accompagnée de musique.
Le mécanisme physiologique devient alors très différent.
Lorsque nous ventilons davantage que ce qui est nécessaire à notre métabolisme, nous éliminons beaucoup de CO₂. La pression partielle de dioxyde de carbone dans le sang diminue : c’est l’hypocapnie.
Le sang devient temporairement plus alcalin : on parle d’alcalose respiratoire.
Cette diminution du CO₂ entraîne à son tour une vasoconstriction cérébrale et donc une diminution du débit sanguin dans certaines parties du cerveau [11].
C’est un point contre-intuitif.
On entend parfois que l’hyperventilation ferait « entrer beaucoup plus d’oxygène dans le cerveau ». Chez une personne saine dont l’hémoglobine est déjà presque totalement saturée en oxygène, ce n’est pas le mécanisme principal. L’effet physiologique le plus marqué est souvent la chute du CO₂.
Et cette chute peut provoquer vertiges, picotements, sensations de légèreté, contractions musculaires, modifications corporelles et perceptives.
À mesure que l’exercice se prolonge, des phénomènes psychologiques beaucoup plus complexes peuvent apparaître.
En 2025, le CO₂ a été directement relié à l’intensité de l’expérience
Une étude dirigée par Martha Havenith et publiée en 2025 dans Communications Psychology a étudié 61 pratiquants expérimentés de breathwork.
Quarante-trois ont effectué la respiration active tandis que 18 participaient à la même séance — musique et environnement compris — en conservant leur respiration habituelle.
Chez les participants pratiquant la respiration circulaire, le CO₂ télé-expiratoire diminuait fortement. Plus cette diminution était importante, plus l’état de conscience rapporté était profond : les chercheurs ont trouvé une corrélation significative entre la baisse du CO₂ et l’intensité de l’état modifié de conscience [12].
Les questionnaires utilisés sont également employés dans la recherche sur les psychédéliques. Les participants décrivaient notamment des phénomènes appartenant aux dimensions de dissolution du sentiment de soi, sentiment d’unité, modification perceptive ou « immensité océanique ».
Cela ne signifie pas que respirer rapidement produise le même état cérébral que prendre de la psilocybine.
Les chercheurs constatent une proximité sur certaines dimensions phénoménologiques mesurées par questionnaire. C’est différent [13].
La nuance est importante.
Quand l’insula semble participer à la disparition des frontières corporelles
Une deuxième étude publiée en 2025 apporte un élément supplémentaire.
Amy Amla Kartar et ses collègues ont utilisé l’IRM pour mesurer le débit sanguin cérébral au cours d’une respiration à forte ventilation accompagnée de musique.
Globalement, l’hyperventilation entraînait une diminution du débit sanguin cérébral.
Mais les variations régionales n’étaient pas uniformes.
Plus les participants rapportaient une expérience intense de sentiment d’unité et de « dissolution » des limites habituelles, plus la perfusion diminuait dans une région comprenant l’insula postérieure gauche et l’opercule pariétal. Dans le même temps, certaines variations d’activité concernaient l’amygdale droite et l’hippocampe antérieur, deux structures impliquées dans l’émotion et la mémoire [14].
L’insula est particulièrement intéressante ici.
Elle participe à la représentation cérébrale de l’état du corps : respiration, activité cardiaque, sensations viscérales, température ou douleur contribuent à la construction de ce que nous ressentons comme « mon corps ».
Les auteurs avancent donc l’hypothèse qu’une perturbation temporaire de cette intégration interoceptive pourrait participer au sentiment que les frontières corporelles deviennent moins nettes.
Mais l’étude reste exploratoire : 19 personnes participaient au volet IRM et six ont dû être exclues de certaines analyses de perfusion en raison d’artefacts [14].
Il serait prématuré d’en faire un mécanisme démontré de la « dissolution de l’ego ».
Et la variabilité cardiaque ? Elle diminue cette fois
C’est ici que les choses deviennent particulièrement intéressantes par rapport à la cohérence cardiaque.
Pendant une respiration lente, nous observons généralement une forte augmentation des oscillations de fréquence cardiaque et une mobilisation du baroréflexe.
Pendant la respiration à forte ventilation étudiée par Kartar et ses collègues, c’est plutôt l’inverse : l’hyperventilation s’accompagnait d’une activation sympathique et d’une diminution de la modulation cardiovagale, avec baisse de la VFC pendant la phase intense [14].
Et malgré cela, les participants entraient bien dans un état de conscience non ordinaire.
Cela nous oblige à abandonner une idée trop simple :
état modifié de conscience ≠ activation du nerf vague ≠ relaxation.
Certains états hypnotiques ou méditatifs peuvent être associés au calme.
Une respiration à la fréquence de résonance peut augmenter fortement la VFC.
Une transe cognitive peut au contraire s’accompagner d’une activation physiologique.
Et une respiration hyperventilatoire peut produire simultanément activation sympathique, diminution de la VFC et modification profonde du sentiment de soi.
Le résultat psychologique ne dépend donc pas d’un seul curseur allant de « sympathique » à « parasympathique ».
Un point commun possible : l’interoception
Il existe cependant une hypothèse susceptible de relier une partie de ces phénomènes : l’interoception.
Notre cerveau reçoit continuellement des informations venant du cœur, des poumons, des muscles, des viscères et des vaisseaux.
Mais il ne se contente probablement pas de les enregistrer passivement. Il tente aussi en permanence de prédire ce qui va se produire.
La respiration lente et régulière crée des signaux corporels amples et très prévisibles : oscillations cardiaques, mouvements respiratoires, variations de pression. La respiration à fréquence de résonance semble d’ailleurs pouvoir faciliter la perception consciente de certains signaux cardiaques [5].
L’hyperventilation fait presque l’inverse : elle place brutalement le corps dans une configuration inhabituelle. CO₂ très bas, sensations nouvelles, modification du débit sanguin cérébral, accélération cardiaque et signaux viscéraux inhabituels peuvent créer un décalage important entre ce que le cerveau attend et ce qu’il reçoit.
Certains chercheurs évoquent donc les modèles d’inférence interoceptive ou de traitement prédictif pour comprendre comment ces changements pourraient modifier temporairement le sentiment de soi [15]. C’est une hypothèse cohérente avec plusieurs résultats expérimentaux, mais elle reste une hypothèse et non une explication définitivement établie.
La respiration ne fait jamais tout toute seule
Le contexte compte également.
Musique, position du corps, fermeture des yeux, attention portée aux sensations, attentes, sentiment de sécurité, accompagnement par une autre personne : tous ces éléments participent à l’expérience.
Dans l’étude de Kartar, les auteurs observent d’ailleurs des différences entre les séances réalisées à domicile, en laboratoire et dans l’IRM et discutent explicitement l’effet du « set and setting », notion bien connue de la recherche sur les psychédéliques [14].
Cela correspond assez bien à l’expérience de l’hypnose.
Fixer sa respiration pendant dix minutes en consultant ses messages sur son téléphone n’est pas la même expérience que respirer les yeux fermés, dans un lieu calme, en dirigeant son attention vers ses sensations et en étant guidé vers une exploration intérieure.
La physiologie crée certaines conditions.
L’attention et le contexte participent à ce que nous en faisons.
Respirer plus lentement n’est pas respirer « le plus profondément possible »
Il faut enfin distinguer respiration lente et surventilation.
Une respiration lente destinée à travailler la régulation autonome doit rester confortable. Inspirer et expirer d’énormes volumes d’air sous prétexte de « respirer profondément » peut finir par augmenter inutilement la ventilation et faire baisser le CO₂.
Pour un travail de régulation, une respiration souple autour de cinq à six cycles par minute constitue souvent un bon point de départ. La fréquence de résonance exacte est individuelle, et il n’existe pas de rapport inspiration-expiration universel qui serait supérieur dans toutes les situations [4].
C’est cette respiration lente que l’on peut facilement intégrer à une relaxation, une induction hypnotique ou un exercice d’auto-hypnose.
La respiration hyperventilatoire appartient à une autre catégorie.
Les études récentes sont intéressantes précisément parce qu’elles montrent qu’elle peut produire des phénomènes psychologiques intenses. Elles invitent donc à l’encadrer sérieusement, pas à la banaliser. Dans l’étude de Havenith, les chercheurs excluaient notamment certaines pathologies cardiovasculaires ou respiratoires, la grossesse et certaines pathologies neurologiques comme l’épilepsie [12].
Une pratique capable de modifier fortement la physiologie mérite les mêmes précautions que toute autre technique susceptible de produire un état de conscience intense.
Le souffle comme voie d’accès, pas comme interrupteur
Il n’existe probablement pas un « état modifié de conscience » unique.
Il existe des états d’absorption, d’hypnose, de méditation, de transe cognitive ou de breathwork, avec des caractéristiques communes mais aussi des différences importantes.
La respiration peut participer à plusieurs de ces chemins.
Par la respiration lente, elle agit sur les oscillations cardio-respiratoires, la variabilité cardiaque, le baroréflexe et l’interoception.
Par son rythme, notamment lorsqu’elle est nasale, elle participe à la modulation de certaines oscillations neuronales.
Par l’hyperventilation, elle modifie profondément le CO₂, le pH sanguin, la circulation cérébrale et l’équilibre autonome.
Et dans tous les cas, elle fournit au cerveau un flot différent d’informations venant du corps.
C’est sans doute ce qui rend le souffle aussi particulier : nous pouvons volontairement agir sur une fonction normalement automatique et, à travers elle, modifier une partie des informations à partir desquelles notre cerveau construit notre expérience du moment.
Pas besoin d’y voir quelque chose de mystérieux. C’est déjà suffisamment étonnant comme cela.